Mona Lisa’s SMILE enigma | L’énigme du SOURIRE de Mona Lisa

Exposition-événement créé pour les 20 ans de la FIAC de Paris (1993)     

FOIRE INTERNATIONALE ART CONTEMPORAIN – FIAC, Paris, France (1993)   MUSÉE NATIONAL DE BEAUX-ARTS DU QUÉBEC, Québec, QC, Canada (1993-94)   CENTRE NATIONAL D’EXPOSITION, Jonquière, QC, Canada (1994)   MUSÉE RÉGIONAL DE LA CÔTE-NORD, Sept-Îles, QC, Canada (1994)   GALERIE D’ART DE L’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE, Sherbrooke, QC, Canada (1994)   MAISON DE LA CULTURE D’AMOS, Amos, QC, Canada (1995)   CENTRE D’ART ROTARY LA SARRE, La Sarre, QC,Canada (1995)   MUSÉE MARIUS-BARBEAU, Saint-Joseph-de-Beauce, QC,Canada (1995)   MUSÉE DE JOLIETTE, Joliette, QC, Canada (1995)                  MUSÉE DE LA CULTURE DE GATINEAU, Gatineau, QC, Canada (1995) – Les 100 sourires de Mona Lisa (collectif), TOKYO METROPOLITAN ART MUSEUM, HIROSHIMA PREFECTURAL MUSEUM OF ART, SHIZUOKA PREFECTURAL MUSEUM OF ART, Japon (2000)      

 

 

Texte d’Alain Laframboise, Catalogue d’exposition L’Énigme du SOURIRE de Mona Lisa

« Que nous fait découvrir cette installation, en un coup d’oeil et avec la force de l’évidence? Que le pivotement de 90 degrés de ce détail de la bouche de la Joconde,  que ce soit vers la gauche ou vers la droite, révèle un dos, dans deux positions différentes ou deux dos. Deux dos-miroirs viennent quadrupler ce dos. Vérification par épreuve du miroir fidèle à la règle des quatre démonstrations de Léonard, reprenant ainsi ses procédés. Regardez bien, voilà quatre dos différents fortement modelés par la lumière.

Suzanne Giroux a prélevé dans l’oeuvre la plus connue et la plus reproduite au monde une nouvelle image qui est aussi une interprétation et une réactivation des puissances de cette oeuvre. Elle nous entraîne à retrouver la Joconde, que nous acceptions ou que nous récusions sa proposition. Ce faisant, elle se positionne très avantageusement par rapport à certaines pratiques post-modernes: elle ne se contente pas de citer, elle ne pastiche pas l’oeuvre-source, elle précise le rapport qui engage subjectivité et mémoire, cela au plan individuel et social, de l’intra- et de l’extra-artistique.

Voilà une installation qui mime, redouble et réfléchit toute la mise en salle du tableau de Léonard au Louvre. Elle implique aussi tout le travail de médiatisation opéré autour de ce tableau et qui s’inscrit dans le contexte du marché des biens symboliques. Le détail agrandi de la Joconde, mis ici en scène, ne diffère pas, par nature, des « dérivés commerciaux » du produit en question. Ajoutons qu’une telle présentation dans le contexte commercial de la FIAC plutôt que dans un cadre muséal n’est pas non plus innocente.

Avec cette installation, Suzanne Giroux nous invite à réfléchir sur les spéculations infinies au sujet du tableau de Léonard, à distinguer entre ce qu’il nous livre et ce qu’on y projette, à mesurer en somme l’envergure mais aussi les rouages de notre fascination. Elle y arrive étonnamment en faisant en sorte que sa proposition de lecture de la Joconde s’impose à tous ceux qui la verront (d’autant qu’elle ne se situe pas en extériorité de l’oeuvre). Elle entraîne une nouvelle manière de regarder le tableau de Léonard et elle entre ainsi, stratégie suprême, dans l’orbite du plus célèbre tableau qui soit. »